Formation consultant en immigration : les deux seuls programmes reconnus au Canada

Chercher une formation consultant en immigration mène vite à un catalogue confus, et la plupart des offres qu’on y trouve ne mènent nulle part. Le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté ne reconnaît que deux programmes d’études au Canada, et tout ce qui se vend à côté, attestations d’études collégiales, certificats privés, anciens programmes agréés, ne mène plus au permis. Voici la liste exacte, ce que chaque programme coûte et dure, et les fausses pistes qui font perdre un an à des candidats chaque année.

En bref

Deux programmes d’études seulement mènent au permis de consultant réglementé en immigration canadienne : le diplôme d’études supérieures spécialisées en réglementation canadienne et québécoise de l’immigration de l’Université de Montréal, offert en français, et le Graduate Diploma in Immigration and Citizenship Law de l’Université Queen’s, offert en anglais. Les deux se suivent entièrement en ligne. Le Collège exige aussi d’avoir 18 ans, puis de réussir l’examen d’accès à la pratique et de suivre le processus d’obtention du permis. Les anciens programmes d’études en consultation en immigration, les PECI, ne sont plus agréés par le Collège : leurs diplômés doivent reprendre le parcours normal. Aucune attestation d’études collégiales ni aucun certificat privé ne remplace ces deux diplômes.

Les deux seuls programmes reconnus

Le Collège énonce les exigences en cinq points sur sa page consacrée au parcours : avoir 18 ans, réussir le programme d’études supérieures, s’inscrire à l’examen d’accès à la pratique en joignant une pièce d’identité valide avec photo délivrée par un gouvernement, réussir cet examen, puis suivre le processus d’obtention du permis. La deuxième exigence nomme explicitement les deux programmes admissibles, et il n’en existe pas d’autres.

En français, le DESS de l’Université de Montréal. Le diplôme d’études supérieures spécialisées en réglementation canadienne et québécoise de l’immigration compte 30 crédits, se donne entièrement en ligne et se suit à temps plein ou à temps partiel, en cours de jour ou de soir. Il est offert conjointement par la Faculté de droit et la Faculté de l’apprentissage continu. Ses dix cours vont du droit canadien de l’immigration et de la citoyenneté à l’éthique et à la déontologie, en passant par le droit québécois et l’établissement d’une pratique. Le détail figure dans notre article sur le DESS en réglementation de l’immigration de l’Université de Montréal.

En anglais, le diplôme de l’Université Queen’s. Le Graduate Diploma in Immigration and Citizenship Law de la Faculté de droit de Queen’s est le pendant anglophone, également en ligne, construit autour de neuf cours qui couvrent les fondements du droit canadien de l’immigration, la protection des réfugiés et la déontologie professionnelle. L’université précise que ce diplôme n’équivaut pas à un Juris Doctor et n’autorise pas à exercer le droit au Canada.

Le choix entre les deux se fait sur la langue de travail, pas sur la difficulté. Un candidat qui exercera au Québec a un intérêt direct au programme de l’Université de Montréal : il est le seul à couvrir le droit québécois de l’immigration, qui fait ensuite l’objet d’un examen distinct du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.

Deux cartes comparant le DESS de l'Université de Montréal en français, de 30 crédits et dix cours en ligne, et le Graduate Diploma de l'Université Queen's en anglais, de neuf cours en ligne.
Les deux seuls programmes admissibles. Source : Collège des CIC, vérifié le 18 août 2026.

Les fausses pistes qui coûtent une année

Les PECI ne sont plus agréés. Le Collège l’écrit sans détour sur sa page : les programmes d’études en consultation en immigration ne sont plus agréés, et les diplômés qui souhaitent encore devenir CRIC doivent suivre le processus normal, donc reprendre l’un des deux programmes admissibles. Une personne qui a terminé un PECI il y a quelques années et qui n’a pas passé l’examen se retrouve dans cette situation.

Les attestations d’études collégiales. Plusieurs cégeps ont offert ou offrent encore des formations en immigration, et elles sont recherchées en ligne. Elles peuvent être utiles pour travailler comme adjoint dans un cabinet ou pour comprendre le domaine, mais aucune ne figure dans la liste du Collège, donc aucune n’ouvre l’accès à l’examen d’accès à la pratique.

Les certificats et cours privés. Le Collège précise qu’il n’est affilié à aucun cours ou programme externe de préparation aux examens et n’en appuie aucun. Un cours privé peut préparer à l’examen, il ne peut pas remplacer le diplôme qui donne le droit de s’y inscrire. La distinction entre formation admissible et préparation à l’examen est la source de confusion la plus fréquente dans ce parcours.

Les formations à l’étranger. Aucun diplôme obtenu hors du Canada ne se substitue aux deux programmes reconnus, quel que soit son niveau. Un avocat étranger devra suivre le même chemin qu’un candidat sans formation juridique.

Quatre cartes décrivant les fausses pistes : les PECI qui ne sont plus agréés, les attestations d'études collégiales, les cours privés de préparation et les diplômes obtenus à l'étranger.
Ce qui n’ouvre pas l’accès à l’examen. Source : Collège des CIC, vérifié le 18 août 2026.

Ce que la formation coûte réellement

Le coût complet du parcours se compose de trois blocs, et seul le premier relève de l’université.

À l’Université de Montréal, pour une personne résidente permanente du Québec, l’estimation officielle pour un trimestre à temps plein de 9 crédits s’élève à 1 391,26 $, dont 935,28 $ de droits de scolarité et 455,98 $ d’autres frais exigibles. Ces chiffres sont des estimations calculées pour l’année 2025-2026 et mises à jour le 17 juillet 2025. Le programme comptant 30 crédits, il faut compter un peu plus de trois trimestres à ce rythme, et les droits diffèrent pour les Canadiens non-résidents au Québec, les étudiants internationaux et les étudiants français ou belges francophones. Un acompte de 1 000 $ canadiens est exigé pour réserver sa place à la suite d’une offre d’admission dans le cas des candidatures internationales.

Vient ensuite le bloc du Collège : 75 $ non remboursables pour la demande de qualification, puis 425 $ pour la première tentative d’examen et 325 $ pour chaque tentative suivante, plus les taxes applicables. Un report coûte 75 $, une absence non justifiée 150 $. Le format et les frais de l’examen d’accès à la pratique sont détaillés dans un article distinct.

Le troisième bloc arrive après le permis et se répète chaque année : cotisation annuelle au Collège, assurance responsabilité professionnelle, formation professionnelle continue, tenue d’un compte client. Ce bloc est celui que les candidats oublient de budgéter, et c’est celui qui ne s’arrête jamais.

Ce qui suit la formation

Le diplôme ne donne pas le permis, il donne le droit de demander à passer l’examen. La demande de qualification se dépose dans le Portail du Collège, qui vérifie les études directement auprès de l’établissement. Toutes les tentatives d’examen doivent ensuite être effectuées dans les 3 ans suivant la date à laquelle le programme d’études admissible a été terminé, avec un maximum de 4 tentatives.

Ce délai de 3 ans est la contrainte que les diplômés sous-estiment le plus. Il court à partir de la fin des études, pas de la première inscription à l’examen, et l’examen n’est offert que trois fois par an. Attendre deux ans avant la première tentative revient à se priver de la marge nécessaire en cas d’échec. Notre article sur l’échec à l’examen d’accès à la pratique détaille ce compte à rebours.

Pour exercer au Québec, il faut ensuite une reconnaissance distincte du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, avec son propre examen et une preuve de connaissance du français. Le parcours québécois complet est décrit dans notre guide sur la reconnaissance de consultant en immigration au Québec.

Erreurs fréquentes

Payer une formation avant de vérifier la liste du Collège. La page « Comment devenir CRIC » nomme les deux programmes admissibles. Cinq minutes de lecture évitent une inscription inutile.

Confondre formation admissible et préparation à l’examen. La première ouvre le droit de s’inscrire à l’examen, la seconde aide à le réussir. Aucune ne remplace l’autre.

Croire qu’un diplôme en droit dispense du programme. Les avocats et notaires ont leur propre voie pour représenter des clients, mais un juriste qui veut le permis de CRIC suit le même parcours que tout le monde.

Laisser filer le délai de 3 ans. Il commence à la fin du programme d’études, et personne ne le rappelle au diplômé.

Choisir le programme anglophone pour exercer au Québec. Rien ne l’interdit, mais le droit québécois de l’immigration n’y est pas enseigné alors qu’il fait l’objet d’un examen obligatoire pour être reconnu par le Ministère.

Questions fréquentes

Quelle formation faut-il pour devenir consultant en immigration au Canada ?

Le DESS en réglementation canadienne et québécoise de l’immigration de l’Université de Montréal, en français, ou le Graduate Diploma in Immigration and Citizenship Law de l’Université Queen’s, en anglais. Ce sont les deux seuls programmes nommés par le Collège.

Une attestation d’études collégiales suffit-elle ?

Non. Aucune attestation d’études collégiales ne figure parmi les programmes admissibles du Collège, donc aucune ne permet de s’inscrire à l’examen d’accès à la pratique.

La formation est-elle offerte à distance ?

Oui, les deux programmes se suivent en ligne. Le DESS de l’Université de Montréal est offert au campus virtuel, avec des cours de jour et de soir, à temps plein ou à temps partiel.

Combien coûte la formation ?

À l’Université de Montréal, l’estimation officielle pour un résident permanent du Québec est de 1 391,26 $ par trimestre à temps plein de 9 crédits en 2025-2026. S’y ajoutent 75 $ de demande de qualification et 425 $ de frais pour la première tentative d’examen auprès du Collège, taxes en sus.

J’ai terminé un PECI, dois-je recommencer ?

Le Collège indique que les PECI ne sont plus agréés et que leurs diplômés qui veulent devenir CRIC doivent suivre le processus normal décrit sur sa page, donc l’un des deux programmes admissibles.

Faut-il un diplôme universitaire pour être admis ?

Le DESS de l’Université de Montréal exige un baccalauréat d’une durée de trois ans ou un autre diplôme de premier cycle jugé équivalent, avec une moyenne minimale fixée par l’université.

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Sources officielles

Date de vérification des sources : 18 août 2026 (2026-08-18). Cet article décrit des exigences de formation et ne constitue pas un avis juridique. Les programmes admissibles et les droits de scolarité peuvent changer, vérifiez les pages officielles avant toute inscription.

Auteur et mises à jour

Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne, permis CRIC R731736. DESS en droit de l’immigration de l’Université de Montréal, maîtrise en droit international. Membre du CCIC et de la CAPIC.

Journal des mises à jour : 18 août 2026, création de l’article avec la liste des deux programmes admissibles, la fin de l’agrément des PECI et les coûts du parcours. Prochaine révision prévue en février 2027.