Devenir consultant en immigration au Canada suppose un diplôme reconnu, la réussite d’un examen d’accès à la pratique et un permis délivré par le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté. Le parcours est réglementé de bout en bout, les étapes s’enchaînent dans un ordre imposé, et chacune porte ses propres échéances et ses propres frais. Voici la carte complète du chemin, avec les chiffres officiels de 2026.
En bref
Pour devenir consultant réglementé en immigration canadienne, il faut terminer un programme d’études admissible, faire approuver une demande de qualification auprès du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté, réussir l’examen d’accès à la pratique des CRIC, puis obtenir le permis d’exercice. L’examen compte 135 questions à choix multiples en 3 heures, en ligne et sans documentation. Un candidat dispose de 4 tentatives, toutes dans les 3 ans suivant la fin de son programme d’études. Les frais sont de 75 $ pour la demande de qualification, 425 $ pour la première tentative d’examen et 325 $ pour chaque tentative suivante, taxes en sus. Pour exercer au Québec, une seconde reconnaissance est exigée, délivrée par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, et elle suppose son propre examen et un niveau de français attesté.
Qui doit détenir un permis
La règle est simple et elle est pénale. Toute personne qui, contre rémunération, conseille ou représente quelqu’un dans une démarche d’immigration ou de citoyenneté canadienne doit être autorisée. Les trois catégories autorisées sont les titulaires de permis du Collège, les avocats et notaires membres d’un barreau ou de la Chambre des notaires du Québec, et les personnes agissant gratuitement. IRCC rappelle sur son site que le représentant rémunéré non autorisé expose son client à des conséquences directes sur sa demande.
Le métier ne se réduit pas au remplissage de formulaires. Le cadre de compétences du Collège attend d’un CRIC qu’il évalue un profil, choisisse une stratégie juridique, rassemble des preuves, rédige des observations, respecte des délais de forclusion et se retire d’un dossier de façon éthique quand la relation se dégrade. C’est un travail de dossier, avec la responsabilité professionnelle qui va avec.

Étape 1, le programme d’études admissible
Le point de départ est un programme d’études reconnu par le Collège. Au Québec, le diplôme d’études supérieures spécialisées en réglementation canadienne et québécoise de l’immigration de l’Université de Montréal est la voie la plus connue, offerte entièrement en ligne. La liste est en réalité très courte : le Collège ne reconnaît que deux programmes, le DESS de l’Université de Montréal en français et le Graduate Diploma in Immigration and Citizenship Law de l’Université Queen’s en anglais, et les anciens PECI ne sont plus agréés. Le détail figure dans notre article sur les programmes de formation reconnus pour devenir consultant en immigration.
Une contrainte de calendrier découle de ce diplôme et vaut la peine d’être notée dès l’inscription : toutes les tentatives d’examen doivent être effectuées dans les 3 ans suivant la date à laquelle le programme d’études admissible a été terminé. Un candidat qui laisse passer deux ans avant sa première tentative se prive de la marge nécessaire en cas d’échec.
Étape 2, la demande de qualification
La première démarche auprès du Collège n’est pas l’inscription à l’examen, c’est la demande de qualification, déposée dans le Portail du Collège sous l’onglet des permis initiaux. Elle coûte 75 $, non remboursables, et le Collège vérifie les études directement auprès de l’établissement d’enseignement.
L’identité doit être validée par un répondant au moyen d’un formulaire d’attestation. Le Collège recommande d’utiliser une pièce d’identité valide encore au moins six mois, pour éviter que la qualification n’expire trop tôt. Si la pièce expire avant la réussite de l’examen, une nouvelle demande de qualification est nécessaire, avec de nouveaux frais de 75 $, à condition que les études soient toujours valides. Un seul profil est permis : les profils créés en double sont supprimés sans avertissement, et les frais payés plusieurs fois ne sont pas remboursés.
Étape 3, l’examen d’accès à la pratique
Une fois la qualification approuvée, l’inscription à une date précise devient possible. L’examen comprend 135 questions à choix multiples, dont 10 non notées, réparties sur neuf domaines de compétence, à traiter en 3 heures, en ligne, sans aucune documentation. La note de passage est déterminée séance par séance par la méthode du signet, sans quota de réussite. Le format complet de l’EAP-CRIC et son plan directeur détaillent le poids de chaque domaine.
Les dates d’examen de 2026 sont le 25 février, le 8 juillet et le 21 octobre. Les résultats arrivent environ sept semaines plus tard. Les frais d’examen sont de 425 $ pour une première tentative et de 325 $ pour une tentative subséquente, auxquels s’ajoutent 75 $ en cas de report, 150 $ en cas de défection et 150 $ en cas d’infraction relative à la pièce d’identité présentée à l’examen. Toutes ces sommes sont assujetties aux taxes applicables et se paient par carte de crédit.
Un report accordé ou une absence à une séance ne comptent pas comme une tentative, contrairement à un examen commencé, quel que soit le temps qui y a été consacré. Une demande d’exemption pour motifs humanitaires existe pour les circonstances imprévues de dernière minute, comme une maladie soudaine, un accident ou le décès d’un proche : elle se dépose dans le Portail du Collège, coûte 75 $, exige des pièces justificatives, et le formulaire n’est disponible qu’à partir de l’échéance de report et jusqu’à deux semaines après la date de l’examen.
Sur la préparation elle-même, notre méthode de préparation en douze semaines répartit les révisions selon le poids officiel des domaines.
Étape 4, le permis et les obligations qui suivent
La réussite de l’examen ouvre la demande de permis d’exercice, elle ne l’accorde pas. Le permis suppose de satisfaire aux exigences de délivrance du Collège, puis il se renouvelle chaque année et s’accompagne d’obligations continues : formation professionnelle continue, respect du Code de déontologie, tenue d’un compte client conforme, assurance responsabilité professionnelle. Ce que ces obligations représentent concrètement est détaillé dans notre article sur le métier de consultant en immigration, ses revenus et ses charges.
Le Code de déontologie des titulaires de permis, adopté par règlement fédéral en 2022, encadre la conduite depuis le premier jour d’exercice. Il impose notamment le contrat de services avant toute prestation, interdit les commissions d’aiguillage et interdit de garantir un résultat à un client. Notre article sur le Code de déontologie des CRIC en détaille les articles les plus souvent testés à l’examen.
Le cas particulier du Québec
Le permis fédéral ne suffit pas pour offrir des services rémunérés relatifs aux demandes présentées au ministre québécois. L’article 62 de la Loi sur l’immigration au Québec impose une reconnaissance distincte, accordée par le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.
Ses conditions figurent à l’article 6 du Règlement sur les consultants en immigration : un résultat au moins égal au niveau 7 de l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français à un examen reconnu par le ministre, la réussite de l’examen sur les règles québécoises en matière d’immigration après le dépôt de la demande, l’immatriculation au registre des entreprises ou l’exercice pour une entreprise immatriculée ayant un établissement au Québec, et la qualité de membre en règle du Collège. La reconnaissance dure deux ans et se renouvelle au plus tard 60 jours avant son expiration.
Le détail de ce second parcours se trouve dans notre guide pour devenir consultant en immigration reconnu au Québec, et le format de l’épreuve québécoise dans notre article sur l’examen du MIFI sur les règles québécoises.
Erreurs fréquentes dans le parcours
Attendre trop longtemps après le diplôme. Le délai de 3 ans pour épuiser les 4 tentatives court à partir de la fin du programme d’études, pas à partir de la première inscription.
Confondre demande de qualification et inscription à l’examen. Ce sont deux démarches successives, avec deux échéances distinctes et deux paiements. Pour la séance du 21 octobre 2026, la qualification était à déposer avant le 16 septembre et l’inscription avant le 30 septembre.
Créer un second profil dans le Portail. Les doublons sont supprimés sans avertissement et les frais payés en double ne sont pas remboursés.
Croire que le permis fédéral ouvre le Québec. Il en est une condition, pas un substitut. Exercer sans la reconnaissance québécoise expose à une amende de 2 500 $ à 25 000 $ pour une personne physique selon l’article 93 de la Loi sur l’immigration au Québec.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour devenir CRIC ?
Le programme d’études admissible occupe généralement de un à deux ans, auquel s’ajoutent le traitement de la demande de qualification, l’attente d’une des trois séances annuelles d’examen et environ sept semaines de délai pour les résultats.
Combien coûte le parcours ?
Du côté du Collège, 75 $ pour la demande de qualification et 425 $ pour la première tentative d’examen, plus les taxes. S’y ajoutent les droits de scolarité du programme, puis les frais annuels liés au permis. Le parcours québécois ajoute le coût du test de français et l’immatriculation de l’entreprise, l’examen du Ministère étant sans frais.
Faut-il être citoyen canadien ?
Les exigences de délivrance du permis sont publiées par le Collège et portent notamment sur la citoyenneté ou la résidence permanente, la langue et la conduite. Il faut consulter la page des exigences du Collège avant de s’engager dans un programme d’études.
Combien de tentatives d’examen sont permises ?
Quatre au maximum, toutes dans les 3 ans suivant la fin du programme d’études admissible. Un report ou une absence ne comptent pas comme une tentative.
Un CRIC peut-il représenter un client devant la CISR ?
Les activités devant les sections de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié relèvent du champ de pratique encadré par le Collège, avec un programme de spécialisation dédié. Le domaine de la CISR représente 8,8 % des questions de l’examen d’accès à la pratique.
Le Collège recommande-t-il un cours de préparation ?
Non. Le Collège précise qu’il n’est affilié à aucun cours ou programme externe de préparation aux examens et n’en appuie aucun.
Se préparer avec CRIC Examprep
Le seul obstacle réellement éliminatoire de ce parcours est l’examen. Nos simulations reprennent la mécanique des questions du Collège, en français, avec chronomètre et corrigé motivé. Commencez par la simulation EAP-CRIC gratuite.
Sources officielles
- Comment devenir CRIC, Collège des consultants en immigration et en citoyenneté.
- Dates, échéances et frais, Collège des consultants en immigration et en citoyenneté.
- Vérifiez si votre représentant est autorisé, IRCC.
Date de vérification des sources : 18 août 2026 (2026-08-18). Cet article décrit un parcours réglementé et ne constitue pas un avis juridique. Les exigences, frais et dates peuvent changer, vérifiez les pages officielles avant toute démarche.
Auteur et mises à jour
Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne, permis CRIC R731736. DESS en droit de l’immigration de l’Université de Montréal, maîtrise en droit international. Membre du CCIC et de la CAPIC.
Journal des mises à jour : 18 août 2026, refonte complète avec les frais et échéances de 2026, le délai de 3 ans après le diplôme, la demande de qualification et le volet québécois. Prochaine révision prévue en janvier 2027.

